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mardi 21 février 2017

Alleppey - Il était un petit navire

Kuttan nous avait dit 9h, nous sommes prêt pour 9h. Il arrive effectivement à 9h pour nous dire que c'était finalement à 11h car Alleppey où nous devons embarquer sur le house-boat n'est qu'à 45 mn et il faut que y soyons pour midi. Sur ce coup, il nous a un peu énervé le garçon.
Comme Nadine a un bobinot de fil blanc à acheter, le sien ayant été  perdu par Kuttan, on part vers 10h car il faut toujours faire 2 ou 3 échoppes avant de trouver la bonne. Bref à la troisième Nadine  trouve son bonheur.
Après une petite attente vu notre avance, nous embarquons sur notre house-boat sur lequel nous allons rester jusqu'à demain matin. C'est vraiment une maison sur l'eau, le notre est petit (entre 15 et 20m de long), il n'a que 2 cabines et nous sommes les seuls passagers. Comment vous le décrire : une péniche avec l'avant et l'arrière ressemblant à une gondole. Le bateau se compose d'une partie fermée comprenant les cabines et la cuisine et d'une partie ouverte style véranda avec  à l'avant le timonier et derrière un coin salon, salle à manger. les photos parleront mieux que moi. bref, une fois embarqués, nous et nos bagages, nous partons à vitesse lente dans les canaux des backwaters.



Ce sont des lagunes que creusent les courants et dont les sables bouchent les estuaires des fleuves et des rivières. Des canaux artificiels relient ces lagunes qu'une digue naturelle isole des flots de la mer d'Oman et forment un véritable réseau de voies aquatiques sur plus de 700km. Toutes ne sont pas navigables, envahis par des plantes aquatiques du genre nénuphar.

Toute une vie active sur les backwatters

Nous naviguons sur de charmants canaux, grosse activité de lavage de linge sur les berges et on est bercés par le bruit sec du linge frappé à toute force sur la berge. Ce qui nous intrigue, c'est la couleur de l'eau dans laquelle travaillent nos lavandières ! On s'y lave les cheveux aussi.



Vers 13h, on s'arrête, un vendeur de poisson passe à vélo et vend à notre équipage un cornet de petit poissons, ce sera pour leur usage perso. 


Un des marins s'en va faire des courses, au bout de 20mn, le deuxième part apparemment à sa recherche et 10mn après, ils reviennent avec un sac dont on ne saura jamais le contenu. Nous voilà repartis, Nad a peur que nous soyons privés de déjeuner mais très vite nous nous arrêtons pour la bonne cause. Nous avons une belle tranche de poisson frit avec du riz et une binoche. Tout va bien et nous reprenons notre navigation. Nous admirons la dextérité du timonier car nous avons abordés une zone où il y a un gros traffic de house-boat qui vont un peu dans tous les sens et devinez quoi … tout ce petit monde klaxonne.

Pendant les manoeuvres, c'est comme en voiture, c'est au mn prés, mais cette fois on peut se pousser.
Et puis pour la conduite, il y'a les bondieuseries qui aident le pilote

Dans un désordre incommensurable de house-boats, le notre va accoster près d'une baraque qui semble faire épicerie et qui en fait, est un marchand de poisson. Notre équipage nous invite à aller voir pour améliorer notre ordinaire qui ce soir est du … poulet. 
Nadine achète 4 gambas énormes à prix d'or. 

La "boutique" du poissonnier, et sa "chambre froide avec frigo retournés.
Je sais pas pourquoi on n'a pas été malade...

Notre cuistot s'en saisit pour nous les mijoter aux petits oignons. Nous repartons et au bout d'une heure de navigation, nous nous arrêtons près de 2 autres bateaux pour la nuit. Dans une petite cabane, il y a un branchement  ce qui fait que nous aurons même la clim dans la chambre. Dîner romantique avec gambas, poulet et riz. Excellente préparation de notre cuistot.
Dans le bateau à  côté, une famille indienne qui regarde la télé volume à fond et dont le gamin fait tout ce qu'il veut. Nadine intervient sans beaucoup de résultat puis le cuistot avec un peu plus de résultat. Dans la middle class indienne les enfants sont rois et ils semblent faire ce qu'il veulent.
Le canal est devenu très calme, belle soirée.


Après un gros dodo, nous prenons notre breakfast entourés d'une nature qui s'éveille. Magnifique, c'est ce moment que nous retiendrons. Une petite heure de navigation et nous retrouvons notre fidèle Kuttan pour de nouvelles aventures dans la montagne.

lundi 20 février 2017

Malari : sur le chemin de l'éden

Bon franchement j’aurai pu passer quelques jours de  plus, et puis cela m’aurait permis d’aller fouiner un peu au bazar… c’est frustrant parfois le timing de SDF.
Notre Kuttan vient nous chercher comme prévu. Il a profité de sa journée off pour rester chez lui, comme c’est sa région il dormira même une nuit chez sa mère .
Quand il le dit que c’est mieux le Kerala ou le Tamil Nadu !

Bon faut lui expliquer que nous avons deux missions à accomplir sur la route :

1/ trouver du fils à coudre et des rubans brodés. C’est urgent car je sens qu’ensuite dans la pampa cela ne va pas être simple
2/ peut être aussi urgent, trouver de l’argent. Moi j’ai fait le plein à Munnar, pour une fois qu’on trouvait un distributeur qui acceptait nos CB, j’en ai profité. Claude lui se trouve démuni.

Alors Kuttan faut lui expliquer avec patience, en prenant son temps car l’english c’est pas le top. Et puis les rubans je crois pas que ce soit son truc. De plus, comme il a tendance à zapper ce qu’on lui demande, je ne lâche pas tant qu’on est en ville car sa réponse type c’est « onzewè», sur la route qu’il dit, taratata , après il oublie et on l’a pas que "onzewé".
Donc version quand Nad a une idée en tête , je ne lâche pas.

Après quelques rues, et même quelques boutiques, de fils en aiguille si j’ose dire , on trouve une mercerie .  Faut que je vous la décrive, moi les merceries c’est mon truc je pourrai y camper … bon, ici j’aurai du mal, vu qu’elle doit faire 3x3 m, comme souvent leurs échoppes d’ailleurs. Meublée d’étagères du sol au plafond, le tout bien rangé, bien tassé. Kuttan veut faire l’interprète mais pas besoin je parle le mercerie couramment dans toutes les langues, je suis chez moi ici.
Pour les rubans c’est pas le top, beaucoup trop d’or et argent, too much pour nous, pour les fils c’est mieux, je me pâme presque devant un tiroir qu’il pose sur son petit comptoir avec les bobines bien rangées dans les camaïeux de couleur. J’adore, je me retiens, car c’est idiot de ramener du fils quand on a des problèmes de poids de valise. Juste deux, un bleu ciel, et un framboise écrasé pour faire les ourlets des longys (dhotys) que j’ai achetés… enfin, si j’ai le temps, car je pensais coudre pendant les heures de route mais vu le chaos, c’est pas vraiment possible.
Et aux étapes, on a autre chose à faire.

Voilà la mercerie c’est fait,  2m de ruban, 2 bobines de fils, je suis heureuse, je peux me rendormir.
Ah non j’ai un autre besoin. Depuis qu’on est au Kerala j’ai remarqué que beaucoup de gens ont une ombrelle, les femmes mais des hommes aussi. M’en faut une !


L'ombrelle de mes rêves 



Pour l’argent, "onthewé, onthewé" dit-il. Et plus tard en effet, il fait un stop dans une ville (prés du temple aux éléphants) , dans sa ville quoi. Et il commence à saluer tout le monde, le petit frimeur.
Re-mission ruban, vraiment peu de choix mais suffit d’un, un joli turquoise pour faire mon bonheur. Et boutique d’en face, yes  ombrella, pas le choix de couleur, c’est noir ou kaki, ce sera kaki (dommage j’avais vu de joli rouge, fushia dans la rue ).
Quand à Claude succès à la deuxième CB. Tout va bien.


Et nous voilà reparti onzewè, direction Malari.
Un paradis qu'ils disent sur le Guide.
En effet jolie petite rue, portail discret notre chambre d'hôtes va nous changer des hôtels . Petit doute au portail, (on connaît Kuttan) mais c'est bien écrit sur le côtés "Mayas Beach house ".
Perfect le portail s'ouvre sur un joli jardin vert, 3 maisons Blanches avec boiseries noires, on se croirait aux tropiques si on n'y était pas . Nous serons logé au premier étage, moustiques compris.

Un maison d'hôtes de charme

Notre hôte nous fait visiter et veux nous montrer la plage, elle est au bout de la petite rue. On se croirait dans une rue d'Andernos, pour un peu on s'attend à voir des pinasses .




Mais non, tableau de rêve des cocotiers, sable doux et blancs et bateaux colorés .
Welcome in paradise,  enfin pour ceux qui aiment le soleil, à moi, il m'est un peu interdit, mais ... ombrella !

Nous posons nos bagages, sautons dans les maillots, crème solaire, appareil photo c'est parti .
La mer d'Oman est un délice, on y entre comme dans une baignoire ... à remous .
Bientôt le coucher de soleil, je sympathise avec une anglaise photographe, mon objectif est simple : Savoir si elle est à l'hôtel à côté et si la bouffe est bonne, car méfiante je me dis que cela pourrait être un plan B si c'est décevant chez nous.
Vivian me renseigne très bien et nous nous quittons comme de bonnes copines ravies de nos photos de coucher de soleil.  



Comme quoi faut pas grand chose pour pacifier les pays, un sunset, quelques cocotiers et c'est joué .... alors pourquoi il y a la guerre au soleil ?

Bon c'est pas tout ça , une douche et c'est l'heure de l'apéro .
Problème : pas d'alcool ici !
Ben les boules, finalement je comprends pourquoi y a la guerre .
Nos voisins de chambre et de table viennent à notre secours, ils nous offrent une bière et nous explique que le cuisinier-serveur peut se charger d'aller nous en acheter si on lui commande le matin . Sympa, ils nous sauvent la soirée, ils sont anglais je revote pour la paix .... enfin ils sont pour le Brexit et nous font tout un discours sur la fortune que leur coûte l'Europe .... allez, vaut mieux pas discuter et trinquer  ....
Nous passerons  deux jours ici, farniente lecture et pas le wifi de la mort .
Piscine plage . Le seul bémol c'est les pigeons qui cavalent sur nos têtes, c'est dingue ce qu'ils ont la bougeotte ces bestiaux et ça résonne sur le toit, on a l'impression qu'ils sont dans la chambre .... et parfois c'est vrai !

C'est farniente ou chasse .... Au secours , un pigeon dans la chambre


On prends plaisir à observer les pêcheurs partir en mer poser leur filets, ils ont de drôles d'embarcations, des sortes de radeaux sur lesquels ils posent une boule de filet , une pagaie et zou au loin... étonnant comme ils vont loin .

Ici, tout est paisible , notre vie, les pêcheurs et la proximité des touristes, un vrai paradis .
On n'est jamais allée à l'hôtel à côté car notre cuisinier était très talentueux , il faisait ça avec art et amour , c'était à tomber, bière comprise).

Une chambre d'hôtes à recommander !

Bonne nuit, demain départ à 9h.



dimanche 19 février 2017

Un dimanche à Fort Cochin

On  a rendez-vous derrière l’église Saint Francis à 8h30, enfin cela devait être 7h30 mais Kuttan a eu pitié de nous et à négocier 1 h plus tard vu que l’hôtel ne sert le dej qu’à partie de  de 7h30 . Bien joué Kuttan, on apprécie, une heure le matin c’est un luxe appréciable. Nous devrions y aller à pied mais un rickshaw passe et je décide que c’est mieux.
Le rickshaw 50 roupies, me remercie avec la main sur le cœur. Claude me dit que j’ai dû payer le double de la course, c’est possible et cela ne me gène pas pour deux raisons :
1/ c’est une règle avant 9 h du matin, je ne marchande pas 
2/ pour 75 cents à peu près autant faire plaisir !

Notre guide est charmant, et nous partons en VTT dans le dédale des rues de Fort Cochin,  on peut y lire son histoire, ses influences.


Collégiennes sous un arbre sans âge, moto mythique Royal Enfield,
Le Ché (ici c'est communiste), maison du temps des Portugais

Sur la même rue vous pouvez y trouver une synagogue, une église, un temple et une mosquée…. ça ne plairait pas à certains américains, ou je me « trumpe » peut-être … mais ici tout va bien.


Temple du sel, faites vos dons ... pigeonnier du temple, et son île, portail synagogue ...


Notre tour nous fait passer devant le grand bazar (fermé le dimanche) d’ou une circulation calme, puis temple du sel,  temple Hindou interdit aux étrangers, et la laverie.

Crée par les hollandais qui ont fait venir une caste de laveurs , les vannars  du Tamil Nadu et Malabar pour laver les uniformes de leur armée. Ils sont restés.

Laverie reste quelques lavoirs libres

Étendoirs, sans épingles, on coince le linge entre les cordes torsadées
Fallait y penser 

Repassage, fer électrique où au charbon de bois de noix de coco 


J’ai repéré quelques places libres si vous voulez vous installer, pour rappel le système des castes est maintenant abolie (depuis 1947), alors rien ne vous empêchent de changer de métier. 
Et ici les fers à repasser sont certes lourds mais électriques, c’est pas rien, pas besoin de faire du charbon de bois de noix de coco .

Notre balade nous ramène vers la mer, et ces fameux filets de pêche . Ils viendraient sûrement du passage  de l'Amiral chinois Zheng  au XIV ème  



Sur l’inévitable promenade  au bord de l’eau où on trouve tout, dans les petits déballages .
Même le poisson qui est dit-on très frais , il est vrai qu’en couchant un frigo par terre, ça fait un peu congélateur.
C’est vrai qu’on a vu des pêcheurs à pied ou sur de petites embarcations dérouler leur filet, mais on a aussi vu ce que les gros bateaux citernes rejeter dans l’eau, et c'était bien noir….
Vous prendrez quoi au menu ce soir ?



 Passage par la plage, où on voit plein de baigneurs, je dis bien baigneurs … Pas une femme ! et la seule petite gamine  qui arrive sur le scooter de son père avec ses deux frères ( 4 personnes,  c’est normal)  la pauvre petite de 5,6 ans à peine, a déjà le tchador . Comment dire …


Notre guide nous propose  de déguster une noix de coco,  Moi j’accepte. Cela m’amuse de voir la préparation à coup de machette. Le jus est rafraîchissant. Et quand on a tout bu, il l’ouvre en deux, donne un coup de machette pour dégager un copeau qui  servira de cuillère afin de racler le fond de la noix. C’est crémeux, délicieux.


Nous voici devant l’église Saint  Francis, première église catholique construite en Inde où Vasco de Gama fût inhumé avant d’être rapatrié au Portugal quelques années plus tard.

Retour cette fois à pied à l’hôtel pour se mettre à l’ombre car ça commence à cogner … genre 35 degrés .

Déjeuner sur la terrasse de l'hôtel  qu’on apprécie vraiment, ombragée, ventilée , les repas sont bons (européen pour Claude) le service est lent mais on ne se lasse pas de regarder le va et vient des bateaux, gros, petits, moyens… 
Ce qui nous intrigue c’est qu’on n’a pas vu un seul paquebot passer … Je sais que vous avez un mois pour trouver une solution Les Comet, mais on s’inquiète pour vous .


Sieste active dans la chambre sous le ventilateur, pour alimenter le blog.
Et puis 17h arrive vite, et nous devons nous rendre au centre culturel, juste en face pour voir le théâtre de Kathakali. 
Le spectacle dure une heure à peu prés mais il est conseillé de venir avant pour assister au maquillage qui prends autant de temps. Nous confirmons c’est top à voir .

Maquillage à l'aide d'un baronnet, papier et lait avec pigments de couleur.

Ensuite la pièce de théâtre peut commencer, c’est une sorte de mime, on nous fait une démonstration de mimiques liés à chaque sentiments, et ensuite à notre grand étonnement, on arrive à suivre.
Tous les rôles sont tenus par des hommes, les mimiques  avec les yeux sont époustouflantes.

Avec la bavette blanche c'est le monsieur, avec le foulard c'est le monsieur aussi
sur scène deux musiciens, et des mimiques, on se prend au jeu

Nous passons un excellent moment. On n’a plus qu’à retraverser la rue pour le dîner, demain départ à 9h, donc lever à 7…. Quand je vous dis que c’est du boulot les vacances !
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